Expositions

Chaïbia Talal, Fatima Hassan El Farrouj, Radia Bent Lhoucine : voyage aux sources de l'art

Publié le : 15/10/2018 - Sortir


Du 23 Octobre 2018 au 23 Janvier 2019
Musée Mohammed VI d’art Moderne et Contemporain, Rabat



Le Musée Mohammed VI d’art Moderne et Contemporain met en perspective l’œuvre de trois artistes pionnières de l’expression artistique spontanée au Maroc, avec trois parcours à la fois similaires et différents, à travers l’exposition “ Chaïbia Talal, Fatima Hassan El Farrouj, Radia Bent Lhoucine : voyage aux sources de l’art “.
Organisée par la Fondation Nationale des Musées, cette exposition réunit à partir du 23 octobre 2018, ces grandes artistes dans un dispositif autour de la question de l’art spontané.
Liées par une même appartenance identitaire, ces artistes sont toutes trois d’une origine rurale imprégnée de la tradition orale, et des savoir-faire traditionnels liés à l’artisanat et aux arts populaires comme le henné, le tatouage, le tissage et la broderie.
Ces artistes ont par ailleurs toutes exercé une certaine forme de lutte pour l’émancipation des femmes à travers l’art, bien que leur initiation à la couleur et à la matière se soit faite grâce au contact avec des artistes académiques,, que ce soit le fils pour le cas de Chaïbia et Radia Bent Lhoucine, ou de l’époux artiste peintre pour le cas de Fatima Hassan. Ainsi, n’ayant accédé à la formation artistique que de manière discontinue et empirique, leur autodidaxie leur a permis, avec intelligence et finesse, de donner naissance à un art non académique.
Ce terme les définit, sans les stigmatiser ni les figer dans une démarche ou un courant. Elles ont simplement créé et donné libre cours à leurs imaginaires, représentant les images      de leurs vécus. Leur art sort des normes, des schémas institués, des règles, des limites et des frontières, c’est justement cette position spontanée qui nous interpelle et nous permet de saisir l’éblouissement de ce qui est au-delà de l’ordinaire : un art décomplexé par rapport aux critères académiques où le bidimensionnel prime sur les préceptes de la perspective en peinture.
Influencées par les rites, les paysages et les visages qui habitaient leurs mémoires visuelles, Chaïbia Talal, Fatima Hassan El Ferrouj et Radia Bent Lhoucine peignaient des scènes du quotidien
: que ce soit des scènes festives et rituelles qui retraçaient les cérémonies du mariage, ou des paysages rustiques exposant des formes humaines, animales et végétales souvent entremêlées, colorées, ornées et décorées jusqu’à la saturation. La catégorie du portrait semble aussi faire partie intégrante des préoccupations plastiques des trois artistes qui ont représenté les physionomies des gens qui animaient leurs quotidiens : portraits individuels ou de groupe qui nous font voir comment les trois artistes voyaient l’humain.
Ces femmes artistes dépassent la narration vers une transmutation, une caractérisation du réel. Si ces trois artistes avaient une multitude de points en communs, il n’en demeure pas moins que chacune d’entre elles incarnait une sensibilité particulière et se caractérisait par un traitement pictural singulier.
Bien que traversée par les mêmes problématiques, l’oeuvre de ces trois artistes n’en reste pas moins spécifique. Leurs démarches respectives donnent à voir la simplicité des solutions techniques et picturales adoptées par chacune d’entre elles. Cette exposition se propose d’en apprécier les différents univers artistiques.