ACTU & SOCIÉTÉ

Le cheval de Botero à Rabat La chevauchée fantastique !

Publié le : 26/08/2019 - Sortir : Ameskane Mohamed


Botero est arrivé ! Nous l’avions annoncé, en exclusivité, dans l’article consacré aux sculptures d’Ikram kabbaj qui « viennent rejoindre le guerrier Massaï d’Ousman Sow. Très prochainement c’est le cheval de Botero, artiste - sculpteur colombien et international, qui sera exposé sur le parvis du musée pendant quatre ans. » (Ikram Kabbaj ouvre le bal… de la biennale !).



La monture de Fernando est arrivée à Rabat, dans la discrétion, le vendredi 16 août 2019, en fin de journée. Le camion qui la transportait depuis Zurich, Suisse, a chevauché une partie de l’Europe, pas moins de 2.488,9 km.
Emmitouflé dans des couvertures bien chaudes et installé dans un caisson sur mesure en bois, il a fallu des heures aux équipes accompagnatrices, à celles du musée et d’une boite spécialisée pour le dévoiler et le déposer, sans une égratignure, sur le socle qui lui a été prédestiné. De trois mètres de hauteur, le cheval, qui pèse presque trois tonnes, trône désormais sur le parvis du Musée Mohammed VI d’Art Moderne et contemporain. On lui a aménagé un canapé, et il est illuminé de nuit... pour notre grand plaisir.
« Le cheval avec bride » est-il la sculpture en bronze crée en 1999 et vendue aux enchères en 2012 (938 000 Euros) ? Appartenant à un collectionneur privé, il a été donné à voir au centre Caumont d’Aix-en-Provence en 2017 dans le cadre de l’exposition « Botero, dialogue avec Picasso ». La monumentale sculpture fait partie des innombrables créations du maître Fernando Botero qui embellissent le paysage urbain mondial. Rabat, ville des lumières et capitale culturelle du Maroc, emboîte le pas à New York, Madrid, Pékin, Paris, Bilbao, Londres, Moscou et autre Singapour. Des œuvres volumineuses, sensuelles, magiques et hautement poétiques. Un style unique qui caractérise la signature Botero.
Après avoir déposé le cheval à Rabat, le poids lourd continua sa route vers Marrakech avec, à bord, une deuxième œuvre ! A qui est destiné l’Oiseau ? On sait que Botero est un habitué du Maroc et de Marrakech où il séjourne pendant les hivers. Une suite de Casa Tanios, une maison d’hôtes de la cité rouge, porte son nom. Un spectacle, « Botero en Orient », de Taoufik Izeddiou, danseur et chorégraphe marocain, est inspiré des formes opulentes de ses femmes. Le ballet a été présenté à Marrakech, Paris et tout récemment à Marseille.
Le cheval du parvis du MMVI à Rabat, d’une insoutenable légèreté, grâce et sensualité, est devenu une attraction très courue. Malgré son poids, il ressemble à un jouet, un cheval gonflable, que les mômes apprécient avec gourmandise. Est-il le prélude à une grande rétrospective à venir ? Nous aurons ainsi le plaisir et la chance d’apprécier les diverses facettes de l’imaginaire créatif du « plus colombien des artistes colombiens » comme il se définit lui même ?!
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Fernando Botero ou la quête du volume

Né le 19 avril 1952 à Medellin en Colombie, Lui Fernando Botero Angulo, reste fidèle à son territoire et terroir. Son œuvre, inspirée de la peinture étrusque, de l’art précolombien, du muralisme et de l’art populaire en général, ne cesse de questionner les grands maîtres de l’histoire de l’art. Tout au long de sa carrière et de ses périples à Bogota, Barcelone, Madrid, Paris, Florence, New York…, il engage un dialogue avec les maîtres de la peinture tels que Piero della Francesca, Albrecht Dürer, Diego Vélasquez, Léonard De Vinci, Edouad Manet ou Pablo Picasso. Après ses dessins, ses illustrations, ses aquarelles, ses peintures, il s’attaque à la sculpture comme quête du volume « que la peinture contemporaine
a oublié » dit-il. Peintre de renommée internationale, celui qui fréquente les œuvres des Jorge Zalamea, Frederico Garcia Lorca, Pablo Neruda et Gabriel Garcia Marquez - on lui doit un recueil de nouvelles- n’hésite pas à s’engager à propos du fracas du monde. Ses témoignages esthétiques, humains et politiques traitent de la violence en Colombie, de Guantànamo… En 2005, il expose à Rome des œuvres saisissantes sur les tortures commises par les soldats Américains dans la funeste prison d’Abou Ghraïb. Ne déclare t-il pas que «El arte es una acusación permanente » (l’art est une accusation permanente) ?