ACTU & SOCIÉTÉ

Kenza Sefrioui Au Grain de Sésame !

Publié le : 24/01/2019 - Sortir : Mohamed Ameskane


Le jeudi 24 janvier 2019, Kenza Sefrioui était l’hôte d’Au Grain de Sésame pour présenter « Casablanca, nid d’artistes » et, au delà, son expérience de journaliste, d’éditrice et de militante de la société civile.



Crée en 2007, Au Grain de Sésame est une entreprise sociale en art et design écologique, œuvrant dans le cadre du développement durable et ayant pour vision l‘autonomisation à travers l’art. Nichée au 21 place des Oudaias, avenue  El Mersa, à Rabat, la galerie accueille, outre sa première mission, des expositions artistiques et autres rencontres livresques.

C’est dans cet esprit que l’invitation fut adressée à Kenza Sefrioui qui venait de sortir "Casablanca, nid d’artistes ». Et c’est dans une ambiance conviviale, avec thé à la menthe et autres crêpes Msmmen, que des passionnés de dame culture se sont retrouvés pour découvrir le nouveau livre et débattre, à bâton rompu et en toute liberté, de la situation culturelle et associative que connaît le pays.

Prenant la parole en premier, Kenza Sefrioui nous dévoile ses diverses casquettes  avant de consacrer une longue allocution au dernier opus, concocté en collaboration avec Leila Slimani et édité par Malika Editions avec le  soutien de  la Fondation BMCI.
 
Beau et profond livre
Depuis quelques années, Malika Editions nous offre des livres de très haute facture autour de la culture et des arts marocains. A la fois Maison d’Edition, Fondation et Musée, installée à Casablanca, il était évident qu’elle s’intéresse à   la cité de Sidi Belyout. La ville, tentaculaire, n’inspire pas à première vue !  Mégapole où règne le bruit, la pollution, l’anarchie… comment « Casa Negra » pouvait-elle être une muse ? Les artistes, écrivains, plasticiens, chorégraphes, photographes, designers... qui y vivent restent néanmoins fascinés par ses contrastes, richesse et pauvreté, saleté et beauté… Qu’elles émotions suscitent-elle en eux ? C’est  à partir de ce constat que l’idée de ce livre à germé dans la tête de  Leila Slimani, l’initiatrice du projet  qui, au départ, le dédiait à la nouvelle scène. Entre temps, l'auteur de "chanson douce" rafle  le Goncourt 2016 et, dans la foulée, nommée par Emanuel Macron ambassadrice de la Francophonie, n’avait plus le temps pour le concrétiser. Malika Editions à fait alors appel à Kenza Sefrioui pour continuer la mission. Cette dernière, armée de son parcours de journaliste et éditrice, y intègre les artistes de toutes générations et toutes expressions. Au long de longs mois, elle contacte, rencontre, discute avec une infinité de figures, connues ou moins connues, autour de l’Emotion, des émotions que suscitent en eux Dar Baida. A la lecture-vision, le livre est un dosage subtil de textes courts, photographies et œuvres d’art, merveilleusement mis en page par Nina Pilon, on voyage ! Un pavé qu’on lit comme si on se baladait dans l’imaginaire d’une fabuleuse cité. 

Parmi les présents à cette présentation, l’incontournable figure de la world, le « Gnaoui blanc », Jauk Armal Elmaleh. Il prit la parole plusieurs fois  pour évoquer sa participation au livre, son époustouflant itinéraire et ses combats pour la liberté d’expression et de création. Outre Jauk Aramal, ont répondu à l’invitation des auteures, Aïcha El Beloui,Faouzi Bensaidi, Youssef Fadel, Fatema Chahid,Mohammed Bahri, Roukaya Benjelloun, Younes Baba-ali, Caroline Vabret, Fariji Mohamed, Atbane Zouheir, Zoulikha Bouabdellah, Abdelkrim Ghattas,Zakaria Ait Wakrim, Izza Genini, Amina Benbouchta, Hicham Ayouch, Hassan Benjelloun, Abdelkrim Derkaoui, Issam Chabaa, Simohammed Fettaka, Ahmed El Maanouni, Rachid Fekkak, Hassan Darsi, Malek Akhmiss, Youness Atbane, Amal Ayouch, Morran Blcn, Meryem Benm'Barek, Malika Agueznay, Mehdi Annassi, Ayouch Nabil, Abdallah Elhariri, Reda Allali, Ghizlane Agze, Meryem Alaoui, Don Bigg, Rita Alaoui, Ymane Fakhir, Chakiri Abdellah, Hosni Almoukhlis, Lamia Berrada, Zineb Benjelloun, Amine Bennis, Zainab Fasiki, Hafsa Bekri-Lamrani, Hazeb Taoufik, Dounia Boutazout, Khalid Benghrib et Réda Dalil.
Le livre est le premier d’une collection que Malika Editions lance, « Nids d’Artistes ». On attend avec impatience d’autres opus consacrés à d’autres villes marocaines.

Kenza Sefrioui, une bio
Kenza Sefrioui est journaliste culturelle, critique littéraire et cofondatrice des éditions "En toutes lettres". Elle a tenu la rubrique littéraire au Journal hebdomadaire de 2005 à 2010 et collabore à Tel Quel, Diptyk et à economia.ma. Elle a fait une thèse de doctorat en la littérature comparée à l’Université Paris IV-Sorbonne sur "La revue Souffles (1966-1973), espoirs de révolution culturelle au Maroc" (Éditions du Sirocco, prix Grand Atlas 2013). Elle a aussi codirigé "Casablanca œuvre ouverte", réédition augmentée de "Casablanca, fragments d’imaginaire" avec un deuxième tome, "Casablanca poème urbain" (Le Fennec, 2013) ainsi que "Maroc, la guerre des langues" (ETL, 2017). Elle vient également de publier "Le livre à l’épreuve, les failles de la chaîne au Maroc" (ETL, 2017) et "Casablanca, nid d'artistes", ouvrage réalisé en commun avec Leila Slimani (Malika Editions, 2018).