Portrait

Naima Oulmakki

Publié le : 10/10/2018 - Sortir


Enseignante chercheure à l’Institut National des Sciences d’Archéologie et du Patrimoine, Naima Oulmakki a développé, en parallèle de son travail, un amour pour le théâtre. 
Cet amour s’est traduit par l’élaboration d’une pièce 
de théâtre intitulée « Selfie ». C’est une pièce basée 
sur l’histoire d'une femme rebelle confrontée 
à une société où dominent préjugés 
et contradictions.



Quel est votre parcours et comment êtes-vous venue au théâtre ?
Depuis l’enfance, j’ai toujours été fascinée par le théâtre. Cette fascination m’a accompagnée tout au long de ma vie même si j’ai choisi de partir en Russie pour faire des études en archéologie. De retour au Maroc, j’ai décidé de renouer avec le théâtre. J’ai donc commencé à travailler avec le théâtre Aquarium en tant que chargée de relations publiques et de communication. Le choix de cette troupe s’explique par le fait qu’elle milite pour les droits humains et notamment ceux de la femme. Cette expérience a été très riche. J’ai par la suite voulu répondre à une nécessité intérieure, celle d’exprimer quelque chose qui m’habitait depuis longtemps. Grâce à ma rencontre décisive avec Ahmed Hammoud, «Selfie» a vu le jour. Aujourd’hui j’essaye d’allier mon travail d’archéologue et ma passion pour le théâtre.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Maintenant je participe à plusieurs projets de recherches archéologiques. J’essaye en parallèle, quand je suis sollicitée, de jouer la pièce « Selfie » un peu partout au Maroc. C’est une pièce de théâtre qui, au début, n’avait pas pour base un texte écrit. Elle s’est construite autour d’un travail de recherche sur l’expression du corps entamé par le réalisateur Ahmed Hammoud. La femme présente dans cette pièce est un personnage rebelle qui fait face aux contradictions de la société, au dictat du pouvoir religieux et à la domination du Masculin. C’est l’histoire d’une fille marocaine qui est partie faire ses études en France et qui est revenue au pays portant avec elle le rêve avorté d’un monde meilleur. Il y a beaucoup de moi dans cette pièce qui dénonce l’injustice à l’égard de la femme. C’est une sorte d’autofiction où le texte, la mise en scène et la vidéo sont au service d’un échange direct avec le spectateur. Je tiens, à cet égard, à remercier toute l’équipe qui a participé à ce projet.

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
Je suis très attachée à la ville de Rabat que j’aime beaucoup. C’est une très belle ville où les gens sont ouverts et respectueux envers la femme. Il y a beaucoup d’espaces verts et c’est aussi un lieu d’effervescence culturelle par excellence. On peut assister, tout au long de l’année, à des expositions, des cafés littéraires, des pièces de théâtres… En réalité, je ne me vois pas pouvoir un jour aller vivre ailleurs.