ACTU & SOCIÉTÉ

Mekn’art 2018 : De Bab Mansour à Bab Rouah

Publié le : 06/12/2018 - Sortir : Mohamed Ameskane


Du 5 au 18 avril 2018,  Meknès a accueillie son Premier Symposium International des Arts. La grande exposition, après l’inoubliable vernissage de Meknès, se déplace dans les cités marocaines. Après El Jadida, elle fait escale à Rabat. A ne pas rater ! 



Le mercredi 5 décembre 2018 la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc accueillait une journée d’étude sous le thème de « le patrimoine marocain dans les enjeux de la préservation du patrimoine mondiale ». La rencontre, initiée par l’Institut Français et la direction des Archives Royales que dirige Mme Bahija Simou, est tenue en marge de la fabuleuse exposition « Sites éternels » qu’abrite le nouveau complexe culturel de Bouregreg du 30 octobre au 14 décembre 2018.

Le même jour à 18h00, l’Académie du Royaume du Maroc et à sa tête Abdeljlil Lahjomri inaugure le colloque « Sijilmâsa porte de l’Afrique, patrimoine en partage, site en péril ». A la même heure a eu le vernissage de l’exposition « Mekn’art, de Meknès à Volubilis ». Trois événements autour de la question lancinante de l’importance de la sauvegarde du patrimoine marocain et universel à l’air des saccages et des destructions aveugles de la mémoire de l’humanité.

Quand le patrimoine reçoit la modernité
Que faire des monuments historiques ? Les restaurer, les réhabiliter ? Et Après ! L’idéal, c’est au delà de leur sauvegarde, c’est d’en faire des lieux vivants. C'est le cas des châteaux français dont le plus illustre, le Louvre. C’est aussi le cas de quelques monuments nationaux qui accueillent des musées qui retrouvent, grâce à la Fondation Nationale des Musée, leurs splendeurs. A partir de ce constat, la délégation du ministère de la culture à Meknès à eu l’idée géniale d’organiser le Premier Symposium International des Arts dans l’enceinte de l’un des monuments les plus emblématiques de notre histoire, Bab Mansour Laälej de Meknès. Des artistes marocains et tunisiens se sont rencontrés pendant une quinzaine de jours pour travailler en équipe sous les voûtes de la battisse pour créer un certain nombre d’oeuvres et les offrir à l’appréciation des visiteurs et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Le monument fait partie des sites les plus visités au Maroc.

La Tunisie à l’honneur
La manifestation est organisée par le ministère de la culture et de l’information, Direction provinciale de Meknès, la Commune de Meknès, l’Association Ismaïlia Al Kobra que préside Jamal Tazi et Pact’Art. Outre l’implication militante de Abderrahim Elbertai, deux commissaires, Salah Benjkan qui a sélectionné les participants marocains, et Michela Margherita Sarti, une italienne de Vérone qui réside en Tunisie, a fait appel elle à cinq plasticiennes. 

Chaque peintre a concocté cinq toiles, un grand format et quatre petits. Dans plusieurs œuvres, les villes et leurs monuments surgissent (Benjkan et Houda Ajili! La manifestation ne s’est - elle ouverte le jour même de la journée internationale du patrimoine ? Son intitulé n’est-il pas « voyage spirituel de Meknès à Volubilis » ? Une résidence est-elle prévue l’année prochaine avec comme titre, « Voyage spirituel de Tunis à Carthage ? » Décidément les affinités tuniso - marocaines sont nombreuses ! Et c’est aussi l’occasion de rendre hommage à la femme tunisienne, aux premiers rands quand il s’agit des combats égalitaires et de la création.

Michela Margherita Sarti peint un inconscient hanté par l’enfance. Houda Ajili revisite les Médinas en y intégrant des personnages internationaux, Nesrine El Amine, Mandela, Frida Kahlo, Ghandi et autre Charlie Chaplin. Amira Mtimet mixe différents éléments dans son œuvre avec, comme leitmotiv, la nature humaine. Najah Zarbout nous entraîne dans labyrinthes où les êtres se confondent avec la nature. Nasrine Elamine questionne l’inhumain et les corps et enfin Nadia Zouari travaille selon son imaginaire superposant différentes couches et strates pour créer, comme elle le note, « des zones d’ombre et de lumière instaurant un dialogue entre surface et profondeur. »

Palettes marocaines
Amina Benali, lauréate de Tétouan, la plus jeune participante, nous dévoile à ses figures. On pense à Giacometti et à ses portraits de Jean Genet. Professeur et critique, Benyounes Amirouche étale sa palette chatoyante où se côtoient la peinture et l’écriture. Avec Noureddine Boumaaza, c’est son thème récurrent qui est mis en avant, la femme, toujours la femme. Ahmed Elamine, à coup de large touches, vacille entre l’abstrait et le figuratif.  El Mehdi Moufid, avec ses jets  extatiques, déclare que « quand je peins, chaque coup de pinceau est un jaillissement, un cri de cœur, une délivrance ». Le commissaire, Salah Benjkan, reste fidèle à ses techniques et thématiques, des espaces et des êtres, esquissés à sa touche et à manière. Que dire des travaux assez connus des vétérans    Abdelkarim Elazhar et ses incontournables silhouettes, Said Housbane et ses figures stylisées et Najeb Zoubir et ses oiseaux ?

Concoctée avec amour et passion, « aâla bab Allah » !!!, l'exposition écume les portes. Après Bab Mansour, Bab Rouah, on l’attend, entre autres, à Bab Marrakech à Essaoura. Bienvenue !

Mekn’art 2018, de Meknès à Volubilis
Bab Rouah, du 5 au 14 décembre 2018