Portrait

Jalil Tijani

Publié le : 01/08/2018 - Sortir


Son nom ne vous dit peut être rien mais Jalil Tijani est la nouvelle sensation humoristique du moment.
La différence a sa préférence. Après l’avoir longtemps subie, Jalil la manifeste sur scène en se démarquant des clichés ou en les appuyant jusqu’à les exploser. Humoriste et r'bati, il ose tout, sans tabou, et sans jamais sombrer dans la vulgarité.
énergique et perfectionniste, ce drôle de bonhomme remplit les théâtres avec son spectacle ''Jeux de société'' !
Portrait...



Quel est votre parcours ?
Après avoir essuyé les bancs du lycée Descartes à Rabat, j’ai pris mon envol pour Lyon. Tout d’abord une grande année de solitude en faculté à Lyon, je me rappelle qu'en plein TD, le prof m'a interpelé en me disant, « Jeune homme mais qu'est-ce que vous venez faire ici ? » Cette question m'a travaillé durant toute la fin du cours et, ce jour-là, j'ai quitté la fac pour ne plus jamais y revenir. J'avais toujours le théâtre en tête mais sans doute par manque de courage et de maturité j'ai prolongé mon séjour lyonnais. Me voilà dans l'hôtellerie et l'art culinaire, c’était une super expérience où j'ai pu voyager et apprendre de nouvelles langues mais au fond de moi le théâtre était là.
Une fois mes études finies, direction Paris pour l’école du jeu, et là... c'est comme quand on tombe amoureux, tout est devenu limpide et évident. Il n'y a pas meilleur sentiment que d'être aligné avec soit et avec sa nature profonde. Et depuis tout s'est enchainé spontanément 3 ans de formation avec un retour médité au Maroc, et la suite vous la connaissez, l'écriture de ''Jeux de société''...

Comment êtes-vous venus au théâtre ?
Les raisons qui poussent une personne à se diriger vers le théâtre, que ce soit en tant qu’acteur ou spectateur me passionne : que vient-on vraiment y chercher ?
Je pense qu’Il y a au théâtre une abondance de vie, une exaltation de sentiments réprimés dans le quotidien, une humanité qui se sublime, que ce soit à travers le héros d’une tragédie ou les interrogations d’un clown qui répondent à une forme de besoin chez l’être Humain, une catharsis. D’ailleurs on retrouve des formes de théâtre très anciennes et ce sur les cinq continents. Dans le cas de la tradition clown, dans laquelle je me reconnais, on la retrouve aussi bien chez les Indiens Sioux qu’à la cour de louis XIV, il y exerce la même fonction, celle d’un garde-fou qui est autorisé à dire certaines vérités et d’en rire pour décrisper ses propres tensions psychiques et celles du groupe. C’est vraiment ça, c’est un besoin de décrisper une tension et de respirer. D’ailleurs quand je vois une personne rire, elle me donne l’impression de récupérer son souffle comme si tout le sérieux et la gravité que l’on s’infligeait nous maintenaient en apnée. Je pense que c’est un besoin, celui de faire respirer son esprit !

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Je compte continuer à jouer mon spectacle ''Jeux de société'' et à le peaufiner. Sinon, Nous travaillons, mon équipe et moi, pour une tournée dans plusieurs villes du Maroc ainsi qu’à l’étranger, des pistes pour Paris, Bruxelles et Montréal. Sinon, je continue à écrire, et on verra bien la forme que ça prendra…

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
C’est ma ville, mes amis y sont, tout comme mes souvenirs et mes habitudes. Et surtout, je m’y sens à la maison, c’est un sentiment unique que je n’ai jamais ressenti ailleurs, pour avoir passé la moitié de ma vie à l’étranger. C’est une ville où je trouve un certain équilibre. Après, en ce qui concerne son dynamisme, disons qu’il vaut mieux aimer la lecture pour s’y plaire, mais moi ça me va, et puis j’ai besoin d’ennui pour écrire.
Je pense que mes parents m’ont aussi transmis l’amour de cette ville. Ma mère vivait, rue de la Marne et allait au lycée Lalla Aïcha. Mon père, lui, était du quartier de l’Océan et fréquentait le lycée des Orangers, et il m’y a souvent raconté sa jeunesse dans ce qui est aujourd’hui convenu d’appeler les années de fraises.