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Le phare de Rabat : A la recherche d’une conversion !

Publié le : 01/08/2018 - Sortir


On l’appelle « Borj Al-sirat » ou encore « Le Phare de Rabat ». Ce phare au charme discret s’intègre parfaitement au paysage qui l’entoure. Ses couchers de soleil sont parmi les plus beaux du Royaume.



Même si les phares ont perdu de leur utilité au fil du temps, même si aujourd’hui il est possible de se diriger exclusivement à l’aide d’un GPS. Les phares gardent tout de même une grande force de suggestion et une place irremplaçable dans l’imaginaire populaire. Le phare c’est le repère lorsque l’on est perdu la nuit mais c’est aussi l’espoir. L’espoir d’éviter les éceuils, les récifs pour trouver ensuite un havre de paix ou la protection d’un port.

Au début fut le bastion Borj Sirat, édifié en 1775/76 par le sultan Mohammed III. A l’instar de beaucoup de Sqalas et autres monuments dont Bab Mansour Laâlej, ils furent édifiés par des Alûj ou renégats, des prisonniers ou autres ingénieurs convertis à l’Islam. En ce qui concerne ce borj, c’est un certain Ahmed El Inglizi qui en a dressé les plans afin d’assurer, avec le fort de Sqala et le borj Dâr, la défense de la côte.

Borj Sirat se métamorphose en 1919 en phare maritime sous le règne du sultan Moulay Youssef. Sa mise en activité date de 1920, annoncée par l’Echo du Maroc. Et c’est le 25 avril que le phare envoie ses rayons vers le large de l’Atlantique au cours d’une cérémonie officielle d’inauguration, « … Un feu blanc, à occultations groupées par deux, toutes les 8 secondes, percera jusqu'à 17 miles au large l’épaisseur des ténèbres. »

Côté construction, « Il s’agit d’un vaste trapèze régulier dont les côtés mesurent respectivement 76.90m et 46.65m. Pour y accéder, il faut traverser une rampe longitudinale mesurant 25m de long et 4m de large, solidement bâtie qui relie la cour à la porte d’accès. Ce passage en pente devrait faciliter le transport des chariots des canons. Au milieu de la façade sud est aménagée l’unique porte d’accès au monument. cette entrée présente un arc en plein cintre surhaussé. Dès qu’on franchit le vestibule rectangulaire, on accède à une plate-forme à ciel ouvert qui est la cour et qui devait servir de place d’entraînement des militaires et de dépôt des canons placés devant les embrasures. Cette cour est bordée à l’est, au nord et à l’ouest par le parapet. Construit en gros blocs de pierre taillée, ce fortin est percé dans ses faces est, nord et ouest de dix-neuf embrasures et permettaient une résistance certaine aux attaques venues de la mer. Dans les angles nord et ouest se dressent deux bases appartenant au corps des échauguettes actuellement disparues. Une tour hexagonale occupe l’angle sud-ouest alors qu’un demi-cercle à couverture dessine l’angle sud-est. Le demi-cercle forme la lèvre de la tour demi-ronde accolée au borj à cet endroit. Le bâtiment dispose de deux pièces qui devaient servir de logements aux gardiens ou de magasins de stockage d’armes et de munitions. »

Monument historique, le phare de Rabat fait partie du paysage urbain du quartier de l’Océan et de la Capitale du Royaume. Après le projet de réhabilitation et de transformation du fort Rottembourg en musée de la photo, les travaux de la métamorphose de l’hôpital Marie Feuillet en complexe palatial, le phare de Rabat mérite sa remise en valeur. Il fait désormais partie des points de repères et des monuments de la ville lumière et capitale culturelle du royaume.