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Le Jardin d'Essais Botaniques de Rabat

Publié le : 23/04/2018 - Sortir


Contrairement à plusieurs villes du pays où le béton est prédominant, Rabat développe son espace vert dans le cadre de sa politique d’urbanisation et d’aménagement. Une culture et un héritage légués par les anciens décideurs de la capitale. De grands et magnifiques jardins avaient, en effet, vu le jour dont l'exceptionnel jardin d’essais botaniques.



Planté au cœur de la ville de Rabat, le Jardin d'Essais, inscrit sur la liste du patrimoine historique national en 1992, est un véritable poumon vert de la Capitale, classée "Patrimoine Universel de l’Humanité" par l’UNESCO en 2012. Créé en 1914 sur une superficie globale de 17 ha, le jardin d'essais fut le premier jardin public créé dans le cadre du plan d'aménagement de la ville de Rabat qui instaurait les espaces verts comme composante principale à son plan urbanistique (Jardin d'Essais, Jardin de Belvédère, Triangle de vue, Jardin des Oudayas etc).
La conception du jardin d'essais a été tracée à la française avec une perspective en terrasses par Jean Claude Nicolas Forestier basée sur la symétrie et l'ordre selon l'architecture européenne tout en intégrant des surfaces d'eau (bassins, seguias...) et un habillage en zelliges de couleur et de formes variables selon l'architecture traditionnelle locale. Elle fut donc une juxtaposition d'une architecture passée et contemporaine d'où l'originalité de son style néo-mauresque.

Le Jardin d'Essais fut conçu en carrés thématiques où ont été acclimatés les nouvelles introductions de plantes ornementales et d'arbres fruitiers tropicaux qui furent importés des quatre coins du monde et qui ont servi à l'amélioration et la diversification du patrimoine horticole marocain. Certaines espèces font aujourd'hui l'originalité du Jardin d'Essais Botanique de Rabat tels que Calodendron capensis, Spathodea campanulata, Brachychiton rupestris ou encore le palmier bleu Brahia capitata ou le palmier bouteille Jubaea chilensis sans oublier les conifères dont les Araucaria et le Podocarpus gracilior.

Actuellement, le jardin renferme des trésors biologiques d’une valeur exceptionnelle. Il abrite plus de 650 espèces ornementales et fruitières d'origines diverses (locale, tropicale, subtropicale et désertique), un programme de recherche scientifique sur l'exploitation de plantes d'origine exotique et une maison mauresque à l'architecture arabo-andalouse avec son musée permanent mettant en relief la thématique de l'eau et de la lumière.

Le Jardin d’essais botaniques propose des activités pédagogiques sur l'histoire du Jardin botanique, mais également en lien avec les programmes scolaires sur des thèmes variés tels que l’eau, les plantes utiles, les plantes médicinales et aromatiques et les méthodes de bouturage. Le Jardin d’Essais botaniques de Rabat se veut à la fois un centre d’éducation à l’environnement au service du grand public et un lieu idéal pour promouvoir le patrimoine écologique national, un centre de ressources biologiques pour la recherche scientifique et un lieu d’accueil des collections végétales destinées à la conservation de la biodiversité.

Dans le cadre de la réhabilitation du Jardin d’Essais et pour réussir son intégration au grand chantier "Rabat Ville Lumière, Capitale Marocaine de la Culture", une convergence d’éléments s’impose. Cet espace possède des atouts considérables, situé au cœur de la ville, doté d’une configuration structurée, délimité comme entité autonome. Il offre globalement les éléments nécessaires à la création d’un espace culturel en plein air, le lieu idéal pour faire «chanter» la nature, le corps et l’intelligence des sens.

La rencontre de l’art et de la nature peut transformer ce lieu en un repère symbolique fort parmi les institutions culturelles de la ville. Dans un élan prospectif, on peut anticiper en imaginant ce parcours initiatique qui est en train de voir le jour dans la capitale. Si l’on considère l’ensemble des espaces d’art existants ou en cours de création, on est surpris de la cohérence qui s’impose partant du Jardin d’Essais, passant par la Bibliothèque Nationale, la galerie Bab Rouah, le MMVI, l'Espace d'Expression CDG…

La vocation première du Jardin d’Essais est aujourd’hui caduque. Si l’entreprise d’expansion coloniale avait pour but d’œuvrer à une meilleure utilisation des ressources végétales celui de Rabat présente une particularité considérable de par le traitement paysager et une volonté esthétisante faisant de cet espace un structurant dans le tissu urbain.

Aujourd’hui il faudrait mener une réflexion sur de nouvelles orientations afin que cet espace puisse s’épanouir en adéquation avec son temps.