Portrait

Belkacem Omar Lhou

Publié le : 23/04/2018 - Sortir


La chaise dans les travaux de Belkacem Lhou est la matrice génératrice de toute une combinaison de formes et de couleurs. Elle permet au peintre d’animer une multiplicité de structures dynamiques. Dans la doublure du visible de ce que donnent à voir ses toiles, se révèle l’essentiel d’une réflexion sur la gestion du vide. L’œil est face à des visions fragmentaires où gravitent des configurations plastiques, nébuleuses dont l’ordre apparent explose en leur centre. Jusqu’où faut-il remonter pour capter la source vive de ces visions ?
L’interrogation se suspend, cède la parole à l’attente, au désir de voir les toiles de Belkacem Lhou de plus près.
M. T.



Quel est votre parcours ?
C’est une aventure qui a commencé tôt, très tôt. En fait j’avais un rapport très poétique, voire existentiel avec le vide. En d’autres mots, depuis ma tendre enfance, la passion de peindre m’a accompagné, m’a habité, m’a guidé... Je peignais sur les couvertures des livres scolaires, sur les murs... J’ai vécu, si j’ose dire, une enfance colorée. Par ailleurs, je me suis toujours dit que la peinture a cette puissance, ce langage à la fois mystérieux et puissant pour extérioriser et révéler mes angoisses, mes pensées et mes sensations les plus profondes. J’ai suivi mon rêve d’enfance jusqu’au bout. Peindre est une aventure magique et dangereuse.

Comment êtes vous venu à la peinture ?
Peindre est un concept très vague, qui dépasse les simples interprétations imposées même par la peinture. Je suis venu au monde de la peinture par hasard. Bref, c’est une aventure qui a commencé avec un ami artiste qui m’a offert quelques matériaux de travail. C’est à l’âge de 20 ans que j’avais entamé ma carrière en la matière. Puis, par la force des choses, je me suis lancé dans la recherche plastique et esthétique pour exprimer ce qui demeure caché dans ma verve, dans mon inconscient, mais aussi de mon vécu. C’est la plus belle chose qui m’est arrivée.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
C’est l’instant et l’inspiration qui donnent naissance au travail voulu. Un moment très particulier, spirituel, émotionnel meublé de réflexion, d’angoisse. Un voyage dans le temps et l’espace par le truchement de la peinture et de la matière. C’est un moment où l’inspiration, les inspirations viennent d’autres cieux, d’autres mondes, d’autres univers invisibles, ontologiques et existentiels.
Il faut rappeler qu’après deux expositions qui ont eu un franc succès notamment à la galerie « Nadira » à Rabat et « Riad Zyo », je me suis lancé dans d’autres aventures dont la lecture, la recherche dans la couleur et la matière. Il va sans dire que ce sont des champs très vastes et des sources d’inspirations inépuisables !

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
J’ai une relation très particulière avec cette ville que j’aime tant. C’est dans cette ville où j’ai apprécié et découvert pour la première fois les expositions dont une exposition en hommage à une figure de la peinture marocaine à la galerie à Bab Rouah, Mohamed Kacimi. Cette ville m’a accueilli à bras ouverts. Ce sont ses espaces qui ont abrité pour la première fois mes créations et mes peintures. Cette ville m’inspire, m’habite...