Portrait

Bouchra Salih

Publié le : 15/01/2018 - Sortir


Opératrice culturelle, Bouchra est surtout une créatrice nomade, une voyageuse transcendant les frontières avec sa mode, ses créations et les artistes avec lesquels elle collabore. Sa mode est un show perpétuel, en constant renouvellement.
Depuis 2004, elle imagine et coud entièrement des vêtements. En combinant différentes méthodes de travail, elle fait fusionner les idées les plus disparates en une seule création. Miss Rouge nous décrit tout ça...



Quel est votre parcours ?
A part quelques cours de couture quand j'avais onze-douze ans, je suis une autodidacte. J'ai la chance de faire partie d'une famille assez riche en créativité par mon grand-père maternel couturier à Oujda et ma maman qui tricote à la main et réalise de magnifiques créations. J'ai grandi avec un rapport au vêtement considéré comme étant quelque chose que l'on porte avec désir et qui devient une caresse et en m'offrant le temps de le choisir ou de le fabriquer aussi. De plus, j'aime le travail manuel qui me procure les seuls moments où je me sens libre de prendre plus de risques et d'aller jusqu'à l’extrême sans me trahir. Cette liberté m'est précieuse et je souhaiterais la préserver.

Comment êtes vous venue à la mode ?
Je préfère le mot "vêtement". Très jeune, j'avais commencé à fabriquer des pièces que je ne trouvais pas sur le marché. Puis, en 2004, j'ai fait une première tentative de présentation de mes créations avec une exposition au Riad Al Madina à Essaouira. Dans mon métier en tant qu'opératrice culturelle, j'étais davantage accaparée par l'accompagnement des projets avec les artistes, chose qui m'a beaucoup nourrie aussi, que par ma concentration sur mes créations. Mon rêve est resté en attente jusqu'à janvier 2017 date à laquelle j'ai lancé ma marque Miss Rouge BS à l'Uzine à Casablanca.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Je viens de lancer une nouvelle collection ''Habaitek – Love You'' chez 33 Majorelle à Marrakech et je développe actuellement une collection pour hommes pour le printemps prochain.

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
Je suis installée depuis 3 ans entre Rabat et Salé et j'ai la chance de me nourrir de ces deux villes. A Salé, j'ai mon atelier, le marché de tissus, les fripes et la simplicité des gens. A Rabat, c'est toute la richesse de la programmation artistique entre art contemporain, cinéma, rencontres littéraires et vie amicale. Je profite de cette occasion pour exprimer ma déception que Salé cette ville avoisinante de Rabat ne bénéficie presque pas de lieux dédiés à l'art et à la culture.