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La médina de Rabat

Publié le : 07/08/2017 - Sortir


Âme de la capitale, mais différente des médinas de Fés et Marrakech, une médina traditionnelle typique des médinas du Maroc et du nord de l’Afrique qui comblera ceux qui veulent connaître l'histoire de Rabat. Bordée au nord par le Bouregreg, protégée de l’océan à l’Ouest par les murs d’enceintes de la Kasbah des Oudaya, ceinturée à l’Est par les murailles Almohades et au Sud par le mur des Andalous séparant la ville nouvelle de la ville ancienne, elle doit son existence aux Moriscos, ces Andalous chassés d’Espagne par Philippe III au XVIIème siècle et réfugiés à Rabat.



La médina de Rabat prend place dans la partie nord de la Capitale. D’une surface de 91 hectares, elle est en partie limitée par les vestiges de l’enceinte almohade à l’ouest, par la fortification andalouse au sud. Elle s’est développée à partir de la qasba des Oudaïa. Elle comprend deux grandes artères orthogonales desservant un réseau viaire dense et hiérarchisé fait de rues, souvent commerçantes, de ruelles et d’impasses desservant les habitations.

Celles-ci sont regroupées en îlots enclavés, généralement constitués autour de grandes demeures bourgeoises. Le réseau viaire est bien conservé.
La médina présente plusieurs quartiers illustrant différentes périodes de son histoire complexe et ses différents peuplements, comme le quartier du Mellah, occupé par les populations juives ayant fui l’Andalousie aux XVIe et XVIIe siècles. Plus largement, elle comprend de nombreux ensembles résidentiels très caractéristiques.

La médina fut également un centre économique important aux fonctions commerciales diversifiées, généralement associées à la spécialisation de rues au sein d’un réseau viaire dense.

L’inventaire patrimonial de la médina comprend 42 monuments et maisons remarquables qui se répartissent suivant les grandes catégories suivantes :

• Les fortifications sont essentiellement représentées par l’enceinte andalouse, déjà évoquée, et ses portes de style morisque. Les fortifications comprennent également des vestiges de l’enceinte fluviale et du rempart côtier, différents forts des XVIIIe et XIXe siècles. La qasba de Moulay Rachid ou « forteresse neuve » a été édifiée au XVIIe siècle. Elle a gardé un rôle militaire jusqu’au XXe siècle.
• Les habitations bourgeoises forment le centre des îlots d’habitation; beaucoup sont remarquables, notamment les maisons Lamrini, Louis Chénier, Bargach, El Aïssaoui, Karrakchou, al-Alaoui, Boudalaâ, al-Gharbi, etc. Elles respectent le plan général de la grande maison marocaine, comprenant une cour ou des patios intérieurs, des arcades, des pièces de réception, etc. L’architecture vernaculaire apporte également un ensemble d’éléments intéressants, dont certains ont été répertoriés, comme les portes et leurs accessoires. Dans une symbiose stylistique qui lui est propre, la médina de Rabat témoigne de la diversité des influences qui se sont intégrées au fond arabo-islamique, notamment celle des Andalous.
• Les édifices religieux occupent une place importante, jalonnant la trame urbaine de la médina. Elle comprend 9 mosquées, 41 oratoires de quartiers et 13 zaouïas de confréries musulmanes. La grande mosquée Al-Jamaâ al-Kabir, ou mosquée des cordonniers, date de la fin du XIIIe siècle, mais elle a connu plusieurs restaurations ; sa structure architecturale suit la tradition médinoise via l’influence de la mosquée omeyade de Damas. Citons également la mosquée Moulay al-Makki, la mosquée Moulay Slimane qui est une reconstruction du début du XIXe siècle, les mosquées al-Nakhla et al-Qubba probablement de la même période, la mosquée Dinia qui remonte aux XIIIe-XVe siècles. La diversité des mosquées et des minarets illustre les différentes étapes de l’histoire urbaine.
• Les hammams sont des établissements de purification complémentaires des lieux de culte. Au nombre de quatorze, ils ponctuent la trame urbaine.
  Le hammam Souk serait le plus ancien, remontant au XIIe siècle ; plusieurs fois restauré, il présente aujourd’hui un complexe architectural remarquable. Le hammam Jdid remonte aux constructions mérinides du XIVe siècle. Les sultans alaouites, au XVIIIe siècle, ont également construit des hammams dans la médina. Les plus récents remontent au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Tous suivent l’organisation traditionnelle des bains remontant à l’Antiquité.
• Les nombreux fondouks conservés témoignent du rayonnement économique de la ville. Ils sont proches des portes, des marchés ou des lieux de commerce.
Ils étaient aussi en lien avec l’activité portuaire, attestée depuis 1161. Originellement destinés à l’accueil des voyageurs et des caravanes, beaucoup sont aujourd’hui des lieux d’artisanat. Il existe aujourd’hui trois grands fondouks proches du marché au grain. Un autre ensemble en comprend huit le long de la rue commerçante Souiqa. Plusieurs présentent une grande qualité architecturale.