Portrait

Fadwa Maroub

Publié le : 17/04/2017 - Sortir


Exubérante et passionnée, Fadwa Maroub possède bien des visages dont certains sont méconnus. De son engagement associatif à son amour pour la Capitale, elle lève le voile sur une femme qui poursuit ses rêves en se foutant, presque complètement, des qu’en-dira-t-on.



Quel est votre parcours ?
Concernant mon parcours académique, je suis lauréate de l’école des sciences de l’information de Rabat. J’ai par la suite fait un master recherche, communication, discours et interaction au CELSA (la Sorbonne- Paris IV).
Professionnellement, j’ai eu le plaisir de travailler dans la cellule communication de l’Instance Equité et Réconciliation et de construire le premier département communication du Conseil national des droits de l’Homme. C’est une expérience politiquement et historiquement riche durant laquelle je n’ai pas cessé d’apprendre.

Comment êtes vous venue au travail associatif ?
Je fais partie de la jeunesse qui a pu bénéficier des programmes d’éducation populaire des associations comme Al Mawahib et Achhouala. Chaque samedi on avait rendez vous à Dar Chabab ''Maison de jeunes'' pour des activités sans compter les colonies de vacances et les excursions. Ma mère a joué un grand rôle dans mon engagement. Nous avons, ma sœur, mon frère et moi, été éduqués à défendre les causes justes et à appuyer les catégories les plus vulnérables.
Ensuite, en tant qu’étudiante, s’engager dans le bureau des étudiants de l’ESI et dans le comité culturel était un réflexe naturel. Depuis mon engagement dans la société civile évoluait avec l’évolution de ma réflexion et de mes convictions sur mon environnement : je suis membre fondatrice d’Action Jeunesse, du forum des alternatives Maroc, d’une association d’appui aux bibliothèques scolaires et de l’ARMCDH….

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Aujourd’hui l’Association des Rencontres Méditerranéennes du Cinéma et des droits de l’Homme  représente tout à fait l’état de mes convictions relatives au changement social dans notre pays. L’objectif de notre association est de promouvoir la culture des droits de l’Homme à travers le cinéma en organisant des séances mensuelles pour les jeunes, les moins jeunes et les enfants et en les poussant à en débattre.
Il s’agit aussi de faire comprendre les similitudes des luttes pour les droits humains partout dans le monde et permettre au public de saisir ce qu’est l’universalité des droits de l’Homme et enfin que ce n’est en aucun cas quelque chose venue d’un ailleurs plus fort mais d’une conscience profonde de la dignité et de la justice pour l’être humain.

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
Rabat est ma ville d'adoption, je suis née à Marrakech, j'ai grandi à Taza et à Fès, mais Rabat m'a accueillit depuis le début de mes études universitaires.
C'est une ville qui embellit et se développe chaque année. Certes elle souffre encore de beaucoup de problèmes de développement urbain à l'image d'autres villes dans le pays le peu d'espaces culturels : un seul théâtre, 5 salles de cinémas pour une métropole de plus de 600 000 habitants, c'est vraiment ridicule sans parler de la question  d'intégration des quartiers périphériques dans la dynamique urbaine que cela soit avec le minimum de services public ou transport public.
Je ne nie pas les efforts qui sont faits, mais je pense qu'ils sont limités et dépassés par la dynamique humaine de la ville.
En espérant que nos élus et gouvernants auront assez de conscience et d’engagement pour changer les choses rapidement, nous aimons notre capitale et essayons de l’animer à notre façon.