Portrait

Darem Bouchentouf

Publié le : 01/11/2015 - Sortir


Photographe, Darem Bouchentouf a plusieurs cordes à son arc. Il est entr'autres auteur, créateur, designer et peintre.
Entretien avec un artiste épanoui…



Quel est votre parcours ?
Du fait d’avoir un père marocain et une mère jordanienne d’origine palestinienne, et de plus être né en Italie, j’ai eu l’occasion de voyager très tôt dans ma vie et m’ouvrir à plusieurs cultures du monde. Mon parcours est l’histoire d’un globetrotteur qui a profité de chaque instant passé dans la découverte des pays qu’il a visité. Mon bac en poche à Rabat, j’ai fais des études entre la Tunisie et la Jordanie. Puis j’ai pu suivre mon père, diplomate dans certains des pays où il a servit le royaume, comme le Yémen, l’Arabie saoudite et l’Italie.
Je me suis installé au début du second millénaire à Rabat, en créant ma propre entreprise de design et de communication, qui depuis 15 ans me permet de concevoir et de créer des campagnes et de marqueter les produits de mes clients. Aujourd’hui je partage mon temps entre mon travail dans l’agence, ma passion de photographe et mon rôle de père et mari.

Comment êtes vous venu à la photographie ?
En tant qu’artiste j’ai commencé très jeune à dessiner et écrire, mais cette passion du dessin a rapidement évolué vers la peinture et persisté pendant quelques années. En même temps, j’ai toujours eu un penchant vers la photographie, d’abord avec l'argentique puis le numérique, qui a donné un nouvel élan à cet art qui stagnait à cause de problèmes liés à l’inaccessibilité.
Mon parcours de photographe a réellement commencé à la moitié des années 90 lorsque j’ai acheté mon premier appareil numérique et commencé à prendre des photos autours de moi, documenter le quotidien et surtout profiter de la naissance d'Internet pour étudier la photographie et prendre exemple sur des grands artistes. Puis au fil des années, je me suis spécialisé dans le patrimoine marocain et ses différentes formes. 
A ce jour j’ai participé à plus d’une cinquantaine d’expositions collectives et individuelles sur deux projets qui me tiennent à cœur, les portes de maisons de la médina et la Tborida, l’art équestre traditionnel marocain.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je capitalise sur mes acquis et mon parcours, surtout après avoir eu l’honneur de gagner le premier prix du concours national de la photographie au Maroc en juillet dernier, d’ailleurs, j’expose en ce moment à la salle ElFassi au ministère de la culture, les œuvres du concours. En octobre je réalise un rêve d’enfance, celui de coupler l’écriture et la photographie dans un ouvrage qui s’intitule ''Tborida, Khayl wa Khayala''. Plus de 200 pages de photographies et de textes expliquant ce formidable art équestre spécifique au pays du couchant. Ce lancement se fera pendant le Salon du Cheval d’El Jadida du 13 au 18 octobre courant, en parallèle avec une exposition sur le cheval Barbe marocain dans la Tborida.
Aussi, d’ici la fin de l’année, je compte avancer dans le second chapitre de ma collection ''Voyage dans les portes de la médina'' après celle de Rabat, je devrais aller voir au nord du pays à Tanger et Tétouan à la recherche de portes traditionnelles des maisons de la médina. En même temps, je fais quelques séances photo pour des projets un peu plus amusants, comme mes répliques de l’art du grand maitre Leonardo Da Vinci. En reproduisant en photographie ses œuvres les plus emblématiques avec une touche personnelle mais tout en respectant les codes incrustés dans son art. L’exemple est ma version de la Joconde, intitulée Mounia Lisa, du nom du modèle qui a travaillé avec moi sur ce projet ''Mounia Boukili Makhoukhi'' et qui en plus de jouer le rôle de la Mona Lisa, elle a aussi assuré le maquillage et les tenues.

Quel lien avez-vous avec Rabat ?
Rabat, c’est la où j’ai grandi et c’est aussi la ville qui m'a permis de réaliser mes plus grands projets sur le patrimoine. Pendant des années, j’ai pu marcher dans les ruelles de la médina, entre les portes mythiques de la vieille ville, Bab Bouiba, Bab Lhadd, Sidi Fateh et autres… Toujours prêt a déclencher, avec mon objectif grand ouvert sur la vie de ces ruelles, j’ai pu documenter plus de 300 portes de maisons, qui depuis le début de ma quête certains ont disparu et d’autre délaissés sont détruites.
Lors de mes concours de photo sur le net, j’ai souvent documenté les métiers de l’artisanat dans la ville de Rabat que j’ai publié dans des galeries en ligne.
Rabat est aussi pour moi un exemple de diversité culturelle. Il ne se passe pas un jour sans avoir le choix entre diverses activités culturelles. Expositions, concerts, vernissages, signatures de livres, théâtres, spectacles, etc.
Votre magazine en est la preuve vivante de cette vie culturelle de Rabat. Nous venons de clôturer la vingtième Edition du Jazz au Chellah et dans quelques jours l’ouverture de la saison du théâtre.